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Oscar Cullmann

Mise à jour
 le 12 octobre 2017 - 14:35
Oscar Cullmann
Oscar Cullmann
Nom : Cullmann
Prénom : Oscar
Naissance : Strasbourg (25 février 1902)
Décès : Chamonix (16 janvier 1999)
Sections : 
Sciences religieuses
Statuts et fonctions : 
Directeur d'études
Direction d'études :
Origines du christianisme (octobre 1948 à juin 1972)
Distinctions :
Commandeur dans l'Ordre de la Légion d'honneur
Commandeur dans l'Ordre des Palmes académiques
Docteur Honoris Causa de l'Université de Lausanne
Docteur Honoris Causa de l'Université de Manchester
Docteur Honoris Causa de l'Université d'Edimbourg
Docteur Honoris Causa de l'Université de Lund (Suède)
Docteur Honoris Causa de l'Université de Debrecen (Hongrie)
Docteur Honoris Causa de la Faculté de philosophie de Bâle
Prix international Paul VI
Membre correspondant de l’Akademie der Wissenschaften (Mayence)
Membre de l’Académie royale néerlandaise
Membre de la British Academy
Origines familiales

Dernier des neuf enfants de Georges Cullmann, instituteur, et de Frédérique Mandel.

Études et formations

Études au Gymnase protestant (Strasbourg), où il est influencé par Charles Hauter.

1920-1924 : Études à la Faculté de Théologie protestante de l’Université de Strasbourg.
1924-1926 : Études à Paris : cours de Maurice Goguel à la Faculté Libre de Théologie et de Charles Guignebert à la Sorbonne.
1930 : Thèse de  Licence [= doctorat] à Strasbourg (Faculté de Théologie protestante) sur Le problème historique et littéraire du Roman pseudo-clémentin.
1945 : Thèse de Doctorat [= doctorat d'État]  sur Temps et histoire dans le christianisme primitif​.

Parcours professionnel, responsabilité à l'EPHE

Directeur d'études de 1948 à 1972.

Parcours professionnel hors EPHE

1926-1930 : directeur du Collegium wilhelmitanum ou « Thomasstift » (Strasbourg), qui héberge les étudiants en théologie. 
Lecteur en grec (1927), puis maître de conférences (Nouveau Testament, 1930, puis histoire du christianisme antique, 1936) à la Faculté de Théologie protestante de Strasbourg.
1938 : professeur (Nouveau Testament et histoire ancienne) à Bâle, où il restera jusqu’à sa retraite, en 1972, et où, avec sa sœur Louise, il dirige le foyer pour étudiants « Alumneum » (1941-1972).  
De 1945 à 1948, tout en enseignant à Bâle, il assure un intérim à Strasbourg, puis est nommé directeur d’études à l’EPHE. Il est aussi professeur de Nouveau Testament à la Faculté Libre de Théologie Protestante de Paris (1954-1968) et chargé de cours à la Faculté des Lettres de la Sorbonne (1955-1970).
Doyen à plusieurs reprises de la Faculté de Théologie de Bâle, il est recteur de l’Université en 1968.

Enseignements à la Faculté de Théologie vaudoise de Rome, cours en Europe qu’aux États-Unis (Harvard, Union Theological Seminary…). 

Autres activités

Il joue un rôle important dans l’accueil des réfugiés français en Suisse durant la Seconde Guerre mondiale. 
Administrateur de la Revue d’Histoire et de Philosophie religieuses à Strasbourg, il a dirigé la Theologische Zeitschrift à Bâle.

Domaines de recherches

C’est l’étude du Nouveau Testament qui fonde les principaux centres d’intérêt des recherches de Cullmann.

1) L’influence du judaïsme hétérodoxe sur l’origine du christianisme : dès sa thèse sur Le problème historique et littéraire du roman pseudo-clémentin (1930), et bien avant les découvertes de Qumrân, il établit des rapports entre un milieu judéo-chrétien de tendance gnostique et le christianisme primitif ; Le milieu johannique (1976) insiste, quant à lui, sur l’importance du milieu samaritain pour les débuts du christianisme.

2) L’essence du Nouveau Testament, le salut conçu comme une histoire : Dans Christ et le temps (1945), Cullmann traite de l’eschatologie du christianisme primitif, qui se caractérise par la tension entre un « déjà » (en Jésus-Christ, l’événement décisif pour la venue du Royaume a déjà eu lieu) et un « pas encore » (comme les Juifs, les chrétiens attendent encore l’achèvement final, où le mal sera définitivement vaincu). Contre Rudolf Bultmann, il refuse de comprendre l’eschatologie comme le moment présent de la décision en faveur de Jésus-Christ, lequel peut s’accomplir à chaque instant : « Le Nouveau Testament ne connaît du temps que la notion linéaire : hier, aujourd’hui et demain. » Plus largement, Cullmann refuse que Bultmann fasse de l’histoire du salut un élément « mythique », lié à la conception du monde du Nouveau Testament et devant ainsi être réinterprété par l’homme contemporain : Jésus-Christ, « centre du temps », était aussi difficile à admettre pour les contemporains du christianisme primitif que pour l’homme du XXe s. (Christologie du Nouveau Testament, 1959).

Publications principales

Le problème littéraire et historique du roman pseudo-clémentin, Paris, 1930.
Les premières confessions de foi chrétiennes, Paris, 1943.
Christ et le temps, Neuchâtel-Paris, 1949.
Saint Pierre, disciple, apôtre, martyr, Neuchâtel-Paris, 1952.
La christologie du Nouveau Testament, Neuchâtel-Paris, 1959.
Le salut dans l’histoire. L’existence chrétienne selon le Nouveau Testament, Neuchâtel-Paris, 1966.
Le Nouveau Testament, PUF, « Que sais-je ? », 1966 (nombreuses rééd.).
Vrai et faux œcuménisme, Neuchâtel-Paris, 1971.
Le milieu johannique, Neuchâtel-Paris, 1976.
L’unité par la diversité, Paris, 1986 ; La prière dans le Nouveau Testament, Paris, 1995.

Bibliographie complète dans W. Rordorf, « « Bibliographia Cullmanniana », in : Neotestamentica et Patristica, Leiden, 1962, p. IX-XIX ; H. Heck, « Bibliographia Cullmanniana 1962-1971 », in : Historisches Geschehen und Deutung im Neues Testament, Tübingen-Zurich, 1972, p. 329-344 ; M. Arnold, « Bibliographia Cullmanniana 1972-1991 », Revue d’Histoire et de Philosophie religieuses 72 (1992), p. 113-116 ; M. Arnold, « Bibliographia Cullmanniana 1992-1999 », ibid., 79 (1999), p. 151-153.

Engagements

L’œcuménisme : Son Saint Pierre (1952) ouvre à Cullmann les portes du concile Vatican II, où il est observateur (1962-1965) en tant qu’hôte du Secrétariat pour l’unité des chrétiens ; en 1972, il fonda l’Institut œcuménique de Tantur (Jérusalem). Adversaire d’un « faux œcuménisme », où l’impatience l’emporte sur la réflexion théologique, il trouve dans les épîtres de Paul, avec la notion de « charisme », le fondement du modèle qu’il expose dans L’unité par la diversité (1986) puis précise dans Les voies de l’unité chrétienne (1991) : recommandant dès à présent la création d’une communauté d’Églises autonomes (incluant l’Église catholique, à la différence du COE), il invite les différentes Églises à se laisser enrichir par les charismes, complémentaires, des autres Églises, tout en les appelant à se repentir des déformations pécheresses qu’elles ont apportées à leurs propres charismes. 

Volumes d'hommage

Marc Philonenko (éd.), Revue d'histoire et de Philosophie religieuses 1992/1, Strasbourg.

Martin Sallmann, Karlfried Froehlich (éd.), Zehn Jahre nach Oscar Cullmanns Tod : Rückblick und Ausblick, Zurich, 2012.

Publications au sujet de la personne

Pierre Geoltrain, « Oscar Cullmann », École pratique des hautes études, Section des sciences religieuses. Annuaire. t. 108, 1999-2000. 1999. p. 25-28.

Notices de Pierre Prigent dans B. Vogler (dir.), L’Alsace, DMRFC, 2, p. 100-101 et dans A. Encrevé (dir.), Les Protestants, DMRFC, 5, p. 153.
Notice de Max-Alain Chevallier dans NDBA 6, 1985, p. 556-557 (avec portrait).
Karl-Heinz Schlaudraff, Heil als Geschichte. Die Frage nach dem heilsgeschichtlichen Denken dargestellt anhand der Konzeption Oscar Cullmanns, Tübingen, 1988.
M. Arnold, « L’œcuménisme d’Oscar Cullmann : conceptions et engagements », Positions Luthériennes 45 (1997), p. 3-27 ; Id., « Oscar Cullmann en son œuvre littéraire : Des “récentes études sur la formation de la tradition évangélique” (1925) à La Prière dans le Nouveau Testament (1995) », Positions Luthériennes 47 (1999), p. 7-21; Id., « Oscar Cullmann (1902-1999), artisan de l’œcuménisme, exégète et théologien, Paris, 2000 (= Positions Luthériennes 48, 2000, p. 97-176).
Rosino Gibellini, Panorama de la théologie au XXe siècle, Paris, 2004 (1re éd., 1994).
Matthieu Arnold, « Oscar Cullmann », in P. Cabanel – A. Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, t. I : A-C, Paris : Éditions de Paris Max Chaleil,, 2015, p. 791-793.

Auteur de la notice : 
Matthieu Arnold