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Nom Berthelot
Prénoms Marcellin, Pierre Eugène
Naissance Paris (25 octobre 1827)
Décès Paris (18 mars 1907)
Sections
Physique et chimie
Statuts et fonctions
Président de section
Direction d'études
Chimie organique (septembre 1868)
Distinctions
Grand Croix de la Légion d'Honneur 
Membre de l'Académie de Médecine (1863)
Membre de l'Académie des Sciences (1873)
Membre de l'Académie française (1900)
Origines familiales

Marcellin Berthelot est né place de Grève, au cœur du Paris révolutionnaire. Son père, Jacques Martin Berthelot, est un médecin de quartier républicain, lui-même fils de maréchal-ferrant, épris de justice, qui « soignait gratuitement la pluspart de ses malades » (E. Renan). Il se démènera lors de l’épidémie de choléra en 1832 et interviendra auprès des blessés lors des émeutes des barricades dans les années 1830-1840. Il est connu pour ses recherches sur le choléra et les maladies pulmonaires.

Situation de famille
marié à Sophie Niaudet (1837-1907), nièce de Louis Breguet
Études et formations

Baccalauréat ès lettres (1846)

Prix d'Honneur au concours général de philosophie des lycées de France (1848)

Baccalauréat ès sciences (1848)

Parcours professionnel, responsabilité à l'EPHE

Dès 1867, Marcellin Berthelot avait concouru par ses conseils à la fondation de "l'école des Hautes-Etudes". En 1876, Berthelot prend la direction de la Section de Physique et Chimie (IIe section) des Hautes Études où il va continuer à expérimenter, et, selon la mission de l’École, à promouvoir l’apprentissage de la recherche par la pratique expérimentale. Il embauche son préparateur, Camille Matignon et, entre 1889 et 1893, ils vont tous deux contribuer à déterminer, à l’aide de la bombe calorimétrique, les chaleurs de formation et de combustion des composés fondamentaux.

Parcours professionnel hors EPHE

Professeur de chimie organique à l'École supérieure de Pharmacie (1859)

Professeur de chimie organique au Collège de France (1865)

Inspecteur général de l'enseignement supérieur (1876)

Membre fondateur de la "Grande encyclopédie"

Autres activités

Sénateur inamovible (1881)

Ministre de l’Instruction publique (1886-1887)

Ministre des Affaires étrangères (1895)

Domaines de recherches

Marcellin Berthelot est avant tout un chimiste qui a révolutionné sa discipline. En effet, depuis Lavoisier, la chimie était purement analytique : on identifiait les éléments simples constitutifs des êtres vivants, tels que l’hydrogène, le carbone ou l’eau, en les soumettant à des transformations permettant de les dissocier. En revanche, la formation des composés organiques biologiques complexes était réputée obéir à des « forces vitales mystérieuses » (Gerhardt, 1844). Berthelot infirme cette théorie en faisant exactement le contraire : à partir de chaleur et d’électricité, il réussit à synthétiser des composés organiques fondamentaux. Il est en ce sens l’inventeur de la chimie organique moderne. Mais il va plus loin en étudiant les lois de formation de ces composés en développant la thermochimie (grâce à sa bombe calorimétrique) et la mécanique chimique où il montre que les phénomènes observés se ramènent aux interactions des particules, c’est-à-dire des atomes – mais à l’époque la théorie atomiste était très contestée – et aux énergies (chaleur notamment) mises en jeu dans ces transformations.

En défenseur acharné de l'interdisciplinarité, Marcellin Berthelot s'intéresse à l'épistémologie. Il est passionné par l’histoire des sciences en Asie et au Moyen Orient. Il s’intéresse en particulier à l’alchimie et aux textes alchimiques anciens des penseurs grecs, syriaques et arabes qu'il va d'ailleurs traduire. C'est aussi un intellectuel, militant du positivisme, de la séparation de l'Église et de l’État, auteur d’ouvrages philosophiques qui interrogent les liens entre science, éducation et libre-pensée où il professe l'idée que, sans science, il n'y a pas de vraie philosophie (lettre à Renan, 1863).

Publications principales

1854 Combinaison de la glycérine avec les acides et reproduction des corps gras naturels

1860 Traité de chimie organique, 2 vol.

1864 Leçons sur les méthodes générales de synthèse en chimie organique

1872 Traité élémentaire de chimie organique, 2 vol.

1875 La synthèse chimique

1879 Essai de mécanique chimique fondée sur la thermochimie, 2 vol.

1885 Les origines de l’alchimie

1886 Science et philosophie

1889 Introduction à l’étude de la chimie des Anciens et du Moyen Âge

1890 La révolution chimique : Lavoisier

1893 Histoire des Sciences. La chimie au Moyen Âge, 3 vol.

1893 Traité pratique de calorimétrie chimique

1897 Science et morale

1897 Thermochimie. Données et lois numériques, 2 vol.

1901 Les carbures d’hydrogène

1901 Science et éducation

1905 Science et libre pensée

1906 Archéologie et histoire des sciences

1906 Traité pratique de l’analyse du gaz

Engagements

Marcellin Berthelot est le type même du « grand homme » tel que défini au XIXe siècle : à la fois homme de science et homme d’État, mais aussi homme public, laïc, républicain de gauche et défenseur de la démocratie. Savant positiviste, il enseigne dans une période où la confiance dans le progrès scientifique est à son apogée et où la science, capable d’expliquer de nombreux phénomènes, devient utile à la société. Fidèle à la stature du « grand homme », Berthelot restera un grand défenseur de l’interdisciplinarité où sciences sociales et politiques, humanités et sciences dures se côtoieront en permanence.

Publications au sujet de la personne

Chaigneau Marcel, « Le pharmacien Marcelin Berthelot et la pharmacie », Revue d'histoire de la pharmacie, 80e année, n°292, 1992, p. 7-13.

Laurence Lestel (coord.), Itinéraires de chimistes. 1857-2007 : 150 ans de chimie en France. EDP Sciences, janvier 2008.

Carjes Bédel, « La vie de Berthelot », Revue d'histoire de la pharmacie, vol. 138, 1953, p. 97-101.

Auteur de la notice
Jean-Michel Verdier
Mise à jour
 le 17 décembre 2017 - 21:44