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Nom Finot
Prénom Louis
Naissance Bar-sur-Aube (France) (20 juillet 1864)
Décès Toulon (France) (16 mai 1935)
Sections
Sciences historiques et philologiques
Statuts et fonctions
Directeur d'études
Direction d'études
Langue sanscrite (septembre 1917 à juillet 1929)
Distinctions
Chevalier dans l'Ordre de la Légion d'honneur (1931)
Membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (08 décembre 1933)
Situation de famille

Célibataire

Études et formations

Études secondaires au collège Saint-Bernard de Troyes, puis Licence en droit, Université de Paris et Licence ès-lettres, Université de Paris. L. Finot est ensuite admis à l'École des Chartes d'où il sort archiviste-paléographe en 1886 après avoir soutenu une thèse intitulée Étude sur les revenus de la couronne et l'administration des finances sous le règne de Charles VI. C'est à la Bibliothèque nationale, où il est stagiaire (1890), puis sous-bibliothécaire (1892-1895), qu'il découvre des livres en sanskrit. Il suit alors l'enseignement de Sylvain Lévi à l'EPHE. Ce dernier le remarque rapidement : "M. Finot, qui achève sa troisième année d'études indiennes, est maintenant un maître accompli remarquable autant par l'étendue de ses connaissances que par la précision de sa méthode" (Annuaire 1893 sur l'année 1891-92, p. 79-80). Les deux savants resteront toujours très liés.  Dès 1892-1893, L. Finot donne des cours de base de sanskrit. En 1894, il est élève diplômé de la section grâce à un travail, toujours unique en son genre, sur la science des pierres précieuses en Inde (ratnaśāstra), publié en 1896 dans la collection de la Bibliothèque de l'EPHE sous le titre Les lapidaires indiens. Il seconde S. Lévi en donnant des cours de sanskrit et devient chargé de conférences en 1895-1896.

 

Parcours professionnel, responsabilité à l'EPHE

Louis Finot est chargé de conférences de "Langue sanscrite" par Sylvain Lévi (1895-1897), puis directeur adjoint (1898-1916) et directeur d'études (1917-1929) à la section des Sciences historiques et philologiques. Il a aussi été chargé de conférence pour les religions de l'Inde à la Section des sciences religieuses, en remplacement d'Alfred Foucher (en mission) pour l'année 1905-1906. 
Les mandats successifs de L. Finot à la tête de l'École Française d'Extrême-Orient le tiennent souvent éloigné de Paris. Il est alors suppléé dans son enseignement par de jeunes indianistes (Alfred Foucher, Helena de Willman-Grabowska). Conscient de la difficulté que fait naître cette situation et désireux que l'enseignement du sanskrit se poursuive dans de bonnes conditions et se développe, il écrit, le 22 avril 1929,  une lettre de démission où il suggère de recruter Louis Renou pour le remplacer. Sa démission est acceptée par le ministre de l'Instruction publique (lettre du 19 juillet 1929). Est-ce cette démission qui explique que le décès de L. Finot n'ait pas donné lieu à nécrologie dans les organes institutionnels de l'EPHE ?

Parcours professionnel hors EPHE

- Archiviste-paléographe de l'École des Chartes (1888)

- Sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale de France (1892-1895)

- Premier directeur le la "Mission archéologique d'Indo-Chine" (École Française d'Extrême-Orient) de 1898 à 1904, L. Finot est de nouveau appelé à la direction de cet établissement de 1914 à 1918, et encore de 1919 à 1926, et enfin, en tant que directeur intérimaire remplaçant son successeur en titre L. Aurousseau, rentré en France pour raisons de santé, de 1928 à 1929. 

- Fondateur et éditeur des Publications de l'École Française d'Extrême-Orient, des Mémoires d'archéologie et du Bulletin de la Commission Archéologique d'Indochine.

- Titulaire de la chaire d'Histoire et de philologie indochinoises au Collège de France (1907-1930) (remplacé par Jean Przyluski)

- Réorganisateur du Musée de l'École Française d'Extrême-Orient à Hanoi et instigateur de la construction d'un nouveau musée achevé en 1931. Il porte le nom de "Musée Louis Finot" (devenu en 1958 Musée national d'histoire vietnamienne).

- Animateur et conseiller de l'École royale de Pali à Phnom Penh (1914 et suiv.), dont il dote la bibliothèque d'un fonds d'ouvrages imprimés.

- Vice-président puis Président du Conseil des Recherches Scientifiques à Hanoi.

Autres activités

Entièrement absorbé par son activité de savant et d'organisateur, plus longtemps présent en "Indochine" qu'en France, Louis Finot paraît n'avoir eu d'autre activité ou même de vie que sa vie scientifique.

Distinctions additionnelles : Docteur honoraire de l'Université de Hongkong - Membre de l'Académie du Var (élu le 4 avril 1935).

Domaines de recherches

D'une formation philologique et historique solide que lui a donnée l'École des Chartes, et qu'il applique d'abord à l'Histoire de France, Louis Finot est un sanskritiste et un indianiste accompli. Son livre Les lapidaires indiens (1896) est un modèle de travail philologique innovant qui reste un ouvrage de référence dans un domaine du savoir traditionnel indien peu exploré. Il n'abandonnera jamais le sanskrit classique, mais sa présence quasi-continue en "Indochine" où il exerce plusieurs mandats de directeur de l'École Française d'Extrême-Orient le conduit à élargir ses champs scientifiques à travers l'épigraphie et l'archéologie de l'Asie du sud-est. Il commence ainsi le Corpus des inscriptions du Cambodge et livre au Bull. de l'EFEO plusieurs livraisons de "Notes d'épigraphie". Le bouddhisme à travers ses diverses langues (notamment sanskrit et pali) prend une place de plus en plus importante dans ses travaux. Modestement intitulé "Recherches sur la littérature laotienne", l'article du BEFEO (1917, 218 p.) est une œuvre pionnière sur la littérature en pali d'Asie du sud-est ; ses traductions du Milindapañha, du Bodhicaryāvatāra ou son travail sur le Prātimokṣasūtra des Sarvāstivādin sont autant de contributions de référence. Finot joue un rôle très important dans la formation linguistique en sanskrit et en pali du clergé bouddhiste en Asie du sud-est et est très respecté, comme le montre la cérémonie commémorative  de "transmission des mérites" organisée à l'Institut Bouddhique de Phnom Penh le 4 juin 1935. Il  forme de futurs grands noms dans le domaine des recherches sur l'Asie du sud-est, parmi lesquels Victor Goloubew et surtout George Coedès. Il publie un nombre impressionnant de comptes rendus d'ouvrages (dans le BEFEO surtout), qui portent sur tous les domaines possibles de la recherche indianiste et sud-est asiatique.

Publications principales

Livres
- Les lapidaires indiens, Paris : Bibl. de l'Ecole des Hautes Etudes, Sciences philologiques et historiques, fasc. 111, 1896.
- Rāṣṭrapālaparipṛcchā, sūtra du Mahāyāna, publié par Louis Finot, Bibliotheca Buddhica, 1901.
- Çântideva, Bodhicaryâvatâra. La marche à la lumière. Poème sanskrit traduit par L. Finot. Paris : Bossard, 1920 (Les Classiques de l'Orient, II).
- Les questions de Milinda, Milinda-Pañha. Traduit du pâli avec introduction et notes. Paris : Bossard, 1923 (Les Classiques de l'Orient, VIII).
- Le bouddhisme, son origine, son évolution, traduit en cambodgien par M. Choum-Mau, Kromokar : Imprimerie Nouvelle A. Portail, 1929 (édition laotienne parue en 1930).
- Inscriptions du Cambodge, publiées sous les auspices de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, t. I-V, Paris : P. Geuthner, 1926-1931.

Articles
- La religion des Chams d'après les monuments, étude suivie d'un Inventaire des monuments chams de l'Annam, BEFEO 1 (1901), p. 12-33.

- Notes d'épigraphie I, BEFEO 2 (1902), p. 185-191 ; II-V, BEFEO 3 (1903), p. 206-213 ; VI-XI, BEFEO 4 (1904), p. 83-115 ; XII, BEFEO 9 (1909), p. 205-209 ; XIII, BEFEO 12 (1912), p. 1-28 ; XIV-XX, BEFEO 15 (1915), p. 1-135.

- Les études indochinoises. Leçon d'ouverture du cours d'histoire et de philologie indochinoises faites au Collège de France le 16 mai 1908, BEFEO 8 (1908), p. 221-233.

- Fragments du Vinaya sanskrit, Journal Asiatique 1911, 2e sem., p. 619-625.

- Sur quelques traditions indochinoises, Mélanges d'indianisme offerts par ses élèves à M. Sylvain Lévi,  Paris,1911.

- Recherches sur la littérature laotienne, BEFEO 17 (1917), p. 1-218.

- La légende de Buddhaghoṣa. Cinquantenaire de l'Ec. des Hautes Etudes. Mélanges publiés par les Directeurs d'Et. de la section des Sc. Hist. et Philol. Paris, 1918 (Bibliothèque de la Section des Sciences historiques et philologiques).

- L'Ecole française d'Extrême-Orient depuis son origine jusqu'en 1920, BEFEO 21 (1921), p. 1-41.

- Inscriptions d'Ankor, BEFEO 25 (1925), p. 289-409.

- Manuscrits sanskrits de Sadhana's retrouvés en Chine, Journal Asiatique 1934, 2e sem., p. 1-86.

Publications au sujet de la personne

- Sylvain Lévi, "Louis Finot", Le Petit Marseillais, 24 mai 1935.
- Alfred Coville, "Louis Finot", Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions, 1935, p. 210-213.
- Victor Goloubew, "Louis Finot (1864-1935)", Bull. de l'Ecole Française d'Extrême-Orient, 35 (1935), 515-550. http://www.persee.fr/doc/befeo_0036-1519_1935_num_35_1_3980.
- Henri Maspero, "Louis Finot", Revue des Arts Asiatiques, 9, 3, septembre 1935, p. 121-122.
 

Auteur de la notice
Nalini Balbir
Mise à jour
 le 10 février 2018 - 09:30