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Cliché : Archives du Laboratoire Broca
Nom Schreider
Prénom Eugène
Naissance Saint-Pétersbourg (Russie) (21 mars 1901)
Décès Paris (France) (24 mars 1978)
Sections
Sciences de la vie et de la terre
Statuts et fonctions
Directeur d'études
Direction d'études
Anthropologie physique (septembre 1949 à septembre 1971)
Origines familiales

Son père, Grigori Ilytch Schreider, surnommé « le juste », est l'un des dirigeants du parti socialiste révolutionnaire, brièvement élu maire de Petrograd.

En 1941, il établit l'une des première liaison entre la résistance française et le quartier général du général de Gaulle à Londres en passant par l'Espagne, le Portugal, puis le Maroc, les Bermudes, les États-Unis, Terre- Neuve et enfin Londres. Il y reste d'octobre 1941 à avril 1946.
Il s'installe ensuite en France jusqu’à son décès, le 24 mars 1978 à Paris. Il est inhumé au cimetière des Trivaux, à Meudon (Hauts-de-Seine). 

Laboratoire
Laboratoire d'Anthropologie physique
Études et formations

Eugène Schreider est né le 21 mars 1901 à Saint-Pétersbourg. Il quitte la Russie en 1906 pour se réfugier en Italie où il vit jusqu'en 1916 (Naples, Capri, Rome). En 1917, il revient dans son pays. Après un court temps dans la clandestinité à Odessa, il part en exil à Rome où il commence ses études supérieures.

1919-1922 : Études de droit à Rome et suivi de cours d'anatomie, physiologie et médecine légale (criminologie lombrosienne) à la Faculté de Médecine de Rome. 
septembre 1922-août 1923 : année passée à Berlin

23 août-23 décembre 1923 : étude d'anthropologie sociale à Prague : travail sur «Les vieilles coutumes de diverses populations de l'Europe orientale, dans leurs rapports avec certaines tendances récentes».

1924-1925 : suivi de cours de sociologie à la Sorbonne (Paris)

1925-1928 :  chercheur scientifique en anthropologie sociale dans la section sociologique de l’Institut d'études russes à Prague

janvier 1929 -  juin 1940 : suivi des cours de biologie de la Sorbonne

1929-1932 : suivi des cours de psychologie de la Sorbonne

1932 : diplôme de l'Institut de psychologie.

14 décembre 1932 : dépose en Faculté des Lettres de l'Université de Paris le sujet d'une thèse sur « Les mobiles affectifs du travail salarié ». 

Eugène Schreider parlait notamment le russe, le finlandais, le tchèque, l'italien, l'anglais, le français...

Parcours professionnel, responsabilité à l'EPHE

- 1949-1961 : Directeur adjoint du Laboratoire d'Anthropologie Physique de l'ЕРНЕ (directeur : Henri-Victor Vallois). 
- 1950 : responsable du premier enseignement de biométrie humaine dans le cadre de l'ЕРНЕ. 
- 1961-1971 : Directeur du Laboratoire d'Anthropologie Physique de l'ЕPHE (succédant à Henri-Victor Vallois)

Il s'installe en France à la fin de la guerre et y réside jusqu’à son décès. Il est inhumé au cimetière des Trivaux, à Meudon (Hauts-de-Seine).

Parcours professionnel hors EPHE

- 1936 (juillet-septembre) : Anthropologue avec la Mission Biométrique Française (directeur Dr Bonnardel) chez les Indiens Otomis et Nahuatl dans la région d'Ixmiquilpan et dans une entreprise de textiles pour étudier l'adaptation des Otomis au travail industriel. 

- 1939 : Chargé de cours et des travaux pratiques d'anthropologie physiologique à l'Institut d'Ethnologie de l'Université de Paris

- 1932-1940 : Chercheur au Conservatoire National des Arts et Métiers (directeur Henri Laugier) ; Archiviste-bibliothécaire à la Société de Biotypologie 

- 1950-1962 : Direction scientifique du Laboratoire de Biométrie humaine du CNRS
 
- 1962-1973 : Directeur du Laboratoire de Biométrie humaine du CNRS

Domaines de recherches

La biographie mouvementée d’Eugène Schreider et sa formation pluridisciplinaire qui en a découlé expliquent un parcours totalement original axé sur l’étude de l’Homme considéré dans sa globalité biologique et sociale, individuelle et populationnelle, ce qui l’a conduit à innover dans de nombreux champs de la physiologie et de l’Anthropologie, avec un regard de biométricien et d’expérimentateur. 
Il se livre, dans ses premiers travaux, à une analyse exhaustive de la littérature scientifique internationale portant sur les types humains tels qu’on les concevait avant 1937. Trois volumes de compilation sont consacrés aux types raciaux, morphologiques, psychosociologiques, psychanalytiques, somatopsychiques… Cette rétrospective typologique est loin de correspondre à sa vision biométrique de la diversité  humaine, telle qu’il a pu l’exprimer dans la totalité de sa production scientifique ultérieure, en particulier dans ses travaux statistiques et ses analyse factorielles des structures corporelles, à une époque où de telles analyses restaient confinées à la psychométrie. 
Dans le domaine de la physiologie, sa contribution essentielle est d’avoir souligné, à partir d’expérimentation sur l’homme et sur divers animaux (tritons, grenouilles, souris…), l’importance des fluctuations intra-individuelles, des différences interindividuelles et populationnelles des caractères physiologiques et biochimiques décrivant les milieux intérieurs (sang, liquide céphalo-rachidien, humeur aqueuse). Il insiste sur l’inconstance des corrélations entre ces caractères et montra tout l’intérêt à rechercher des « moyens de mesurer le désordre ». Ses travaux l’amènent à remettre en cause la notion de « fixité physiologique » chère à Claude Bernard et à ses épigones.

En anthropologie, Eugène Schreider se penche essentiellement sur des problèmes d’adaptation, en étudiant l’acclimatation à la chaleur et à l’effort, puis en étendant les règles écologiques de Bergman et Allen à l’espèce humaine. Ces règles relient les formats corporels (rapports entre stature ou longueur des membres et poids ou surface corporelle) aux gradients climatiques lors de l’adaptation à la régulation thermique. 
Eugène Schreider a beaucoup investi dans les relations entre le biologique et le social. Ses travaux portent sur les mécanismes de différentiation et de stratification sociale des caractères biologiques, sur les relations entre tests psychologique et rang de naissance, entre hétérosis et traits morphologiques…
Il fut un excellent vulgarisateur, comme en témoignent le succès de ses chroniques scientifiques à la BBC (Londres) durant les années de guerre, ses deux « Que-sais-je ? » sur La Biologie humaine et La Biométrie (plusieurs édition et traductions), ses articles dans les revues de vulgarisation (Atomes, La Recherche), et ses diverses contributions comme rédacteur à la Revue de Biotypologie et de Biométrie humaine

Publications principales

1932.  Les facteurs affectifs du travail salarié. Revue de la Science du Travail: 411-426. 
1936.  L'adaptation professionnelle des aveugles. Le Travail humain, t. IV, n° 1. 
1937.  Les types humains, Hermann et Cie Ed., Paris.  3 vol. 
1941-1946. Caractéristiques respiratoires et variations constitutionnelles chez les Annamites. L'Anthropologie, 50: 491-504. 
1950. Geographical distribution of body-weight/body-surface ratio. Nature, 165: 286. 
1951.  Anatomical factors of body-heat regulation. Nature, 167: 823-825. 
1953. Recherches anthropologiques sur les Otomis de la région d'Ixmiquilpan (Mexique). I. L'Anthropologie, 57: 453-489.  II. Problèmes et hypothèses biologiques. 1955, 59: 253-296. – Variability of internal environment and the mechanisms of biological correlation. Nature, 171: 339-341. 
1955.  Étude de quelques signes de métissage dans une population amérindienne. Bull. Mém. Soc. Anthrop. Paris, 6, 10e série, 223-234. – Emploi de l'analyse factorielle dans l'étude de la variabilité biologique. L'analyse factorielle et ses applications, Paris (CNRS): 253-262
1957. Ecological rules and body heat regulation in man. Nature, 179: 915-916. 
1958.  Les régulations physiologiques. Essai de révision biométrique du problème de l'homéostasie. Biotypologie, XIX(3 4): 127-215. 
1960.  La Biométrie, PUF, Paris (2e éd. 1967). 
1964.  Correlations between blood sugar levels after insulin injection and ordinary meals. Nature, 201(4915): 195-196. –  Recherches sur la stratification sociale des caractères biologiques. Biotypologie, XXV(3-4): 105-135. – Ecological rules, body-heat regulation and human evolution. Evolution, 18(1): 1-9. – La biologie humaine. PUF, Paris (2e éd. 1967). 
1966. Typology and Biometrics. Annals of New York Academy of Sciences, 134: 789-799. – Brain weight correlations calculated from original results of Paul Broca. Amer. J. Phys. Anthrop.,  25(2): 153-158. 
1967. Possible selective mechanisms of social différenciation in biological traits. Human Biology, 39(1): 14-20. 
1968. Growth hormone in African Pygmies. The Lancet, January 13, p. 92. – Body-height relative variations studies on 839 adult male samples. Amer. J. Phys. Anthrop., 28(2): 223-226. 
1969. Inbreeding, biological and mental variations in France. Amer. J. Phys. Anthrop., 30(2): 215-220. 
1970. Quelques corrélations entre « milieux intérieurs ». Biométrie Humaine, t. V:64-105. 
1972. Les limites de l'adaptabilité humaine. La Recherche, n° 19, vol. 3, janv.: 47-62. 
1975. Morphological variations and climatic differences. J of Human Evolution, 4: 529- 539. 
1976. Consanguinité et variations biologiques chez l'homme. Population, 2: 341-354. 
1978. Les unions consanguines : mythes, réalités, tabous. La Recherche, 90(9): 544-551 
 

Engagements

En 1941, il établit l'une des première liaison entre la résistance française et le quartier général du général de Gaulle à Londres en passant par l'Espagne, le Portugal, puis le Maroc, les Bermudes, les États-Unis, Terre- Neuve et enfin Londres. Il y reste d'octobre 1941 à avril 1946. Nom de résistant : Fleury. 

Séjour à Londres d'octobre 1941 à avril 1946 - Chargé de la chronique scientifique dans l'équipe française de la BBC. 

1952 : membre du Conseil de la Société d’Anthropologie de Paris dont il est élu président en 1956. 
1962 : Secrétaire général de la Société de Biotypologie (renommée en 1968 Société de Biométrie humaine) et rédacteur de la Revue de Biométrie humaine.

Publications au sujet de la personne

Ferembach D. 1978. Eugène Schreider (21 Mars 1901-24 Mars 1978). Bull Mem Soc Anthrop Paris, Tome 5, Série XIII pp. 89-98. http://www.persee.fr/doc/bmsap_0037-8984_1978_num_5_2_1910

Pineau H., 1979. Eugène Schreider. Biométrie Humaine, tome XIV, n°1-2, pp3-9.

Bocquet-Appel J.P. 1996. Interview de Henri Victor Vallois (15 février 1981). Bull. Mem. Soc. Anthrop. Paris 1-2,p.81-103. http://www.persee.fr/doc/bmsap_0037-8984_1996_num_8_1_2430
 

Auteur de la notice
Pierre Darlu
Mise à jour
 le 25 octobre 2020 - 10:02