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Nom Tillion
Prénom Germaine
Naissance Allègre (Haute-Loire) (30 mai 1907)
Décès Saint-Mandé (19 avril 2008)
Sections
Sciences économiques et sociales
Statuts et fonctions
Directrice d'études
Directions d'études
Sociologie algérienne (septembre 1958)
(juin 1977)
Distinctions
Grand Croix de la Légion d'Honneur (1999)
Grand-croix dans l'Ordre national du Mérite
Médaille de la Résistance
Croix de guerre 1939-1945
Commandeur de l'Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne
Origines familiales

Son père est juge de paix, sa mère vient d’une famille de notables (grand-père notaire).

Études et formations

Baccalauréat en 1925.

1926-1932 : études universitaires, École du Louvre puis EPHE. Suit les cours de Jean Marx (hagiographie médiévale), Maurice Halbwachs et Paul Fauconnet (sociologie), Marcel Cohen (phonétique). Étudie l’anthropologie à l’Institut d’ethnologie (Paul Rivet), et suit les cours de Marcel Mauss. Certificat de l’Institut d’ethnologie en 1931.

1933 : après un séjour de trois mois en Allemagne, inscription en thèse, sous la direction de Marcel Mauss « L’ombre et le reflet à travers le monde ». Suit aussi les cours de berbère d’Emile Destaing à Langues'O, après avoir obtenu par Mauss une bourse de l’International Institute of African Languages and Cultures pour aller travailler sur l’Afrique française

Décembre 1934-octobre 1935 : première mission ethnologique, avec Thérèse Rivière, dans les Aurès. Tillion s’installe seule à Kebach où elle reste jusqu’à son retour en France.

Janvier 1936-février 1937 : second séjour dans les Aurès.

1937-1939 : fait une autre thèse qu’initialement prévu, sur l’organisation sociale de la population chaouïa dans les Aurès, sous la direction de Mauss mais avec l’aide de Louis Massignon dont elle suit les cours. 

1939 : diplôme de l’EPHE, section des Sciences religieuses. Mémoire intitulé Morphologie d’une république berbère (Les Ah-‘Abderrahmanes transhumants de l’Aurès méridional, cours de Marcel Mauss, rapport signé Jean Marx et Louis Massignon

Parcours professionnel, responsabilité à l'EPHE

1958 : élection à la VIe section, comme directrice d’études, chaire de « sociologie algérienne ». Elle y reste jusqu’à sa retraite en 1977 et a donc participé aux débuts de l’EHESS.

Parcours professionnel hors EPHE

Août 1939-décembre 1939 : troisième mission ethnologique dans les Aurès, financée par le nouveau CNRS ; un quatrième séjour pendant le premier semestre 1940, retour en France en juin, en plein débâcle.

Après sa déportation et son incarcération au camp de Ravensbrück, elle revient en France en juillet 1945. Retourne au CNRS, sa thèse a été confisquée par les Allemands et ne sera pas reprise.

1946 : mutée à sa demande de la section d’ethnologie à celle d’histoire moderne au CNRS. Travaille à réunir une documentation sur la Résistance. Retourne à l’ethnologie à la demande de l’International Institute de Londres qui veut un rapport sur les missions qu’il a financées dans les années 1930.

1946-1953 : période dominée par le travail sur la Résistance et l’engagement, aux côtés de David Rousset, contre les camps, notamment soviétiques. Elle est membre de la Commission internationale contre le régime concentrationnaire.

Domaines de recherches

[à renseigner]

Publications principales

La traversée du mal. Entretiens avec Jean Lacouture, Arléa, 1997, Arléa 2000.

A la recherche du vrai et du juste. A propos rompus avec le siècle, Paris, Seuil, 2000

Il était une fois l’ethnographie, Paris : Seuil, 2000, Points-Seuil, 2004 (sorte de manuel d’ethnographie à partir de ses notes de missions des années 1930). 

Germaine Tillion, Nancy Wood, L’Algérie aurésienne, 2001.

Une opérette à Ravensbrück. Le Verfügbar aux Enfers, La Matinière, 2005, Points Seuil, 2007.

Fragments de vie, Paris : Seuil, 2009.

Engagements

Dès 1940, Germaine Tillion entre dans la Résistance via le réseau du Musée de l’Homme dirigé par Boris Vildé, tout en poursuivant sa thèse.

1942 : réseau démantelé (Vildé, qui était linguiste et ethnologue, a été fusillé en en février 1942). Elle est emprisonnée deux mois après son arrestation en août.

1943-1945 : déportée en octobre 1943 à Ravensbrück ; sa mère y meurt en mars 45 (chambre à gaz).

Retour en France en juillet 1945.

 

Décembre 1954 : retourne en Algérie à la demande de Louis Massignon pour une mission d’information commandée par le gouvernement français sur la situation en Algérie. Elle est à l’origine des Comités sociaux, fondés par Jacques Soustelle en 1955 : le rêve d’une solution économique et sociale à la crise algérienne, seul honneur du gouvernement français dans ce conflit, un peu tardif au regard de l’exploitation violente qu’a été pendant un siècle la prétendue pacification de l’Algérie, qui n’a jamais été pacifiée. Début de son combat pour l’Algérie, qui se poursuit jusque 1962 et est marqué par trois livres parus aux Editions de Minuit issues de la Résistance : L’Algérie en 1957 (1957, rédigé en 1956) ; Les ennemis complémentaires (1960) ; L’Afrique bascule vers l’avenir (1960, reprise et élargissement du livre de 1957).

Volumes d'hommage

Hommage de la Nation : entrée au Panthéon le 27 mai 2015.

Publications au sujet de la personne

Jean Lacouture, Le témoignage est un combat. Une biographie de Germaine Tillion, Paris : Seuil, 2000.

Christian Bromberger, Tzvetan Todorov, Germaine Tillion. Une ethnologue dans le siècle, Actes Sud, 2002.

Nancy Wood, Germaine Tillion, une femme-mémoire : d’une Algérie à l’autre, Autrement, 2003.

Fabien Sacriste, Germaine Tillion, Jacques Berque, Jean Servier et Pierre Bourdieu. Des ethnologues dans la guerre d'indépendance algérienne, Paris : L'Harmattan, 2011.

Marie-Laure Le Foulon, Le procès de Ravensbrück. Germaine Tillion : de la vérité à la justice, Éditions du Cherche-Midi, 2016.

Denis Pelletier, « Germaine Tillion (1907-2008), in Patrick Henriet (dir.), L'École Pratique des Hautes Études. Invention, érudition, innovation – de 1868 à nos jours, Paris : Smogy, 2018, p. 128.

Michèle Coquet, L'Aurès de Thérèse Rivière et Germaine Tillion – Être ethnologue dans l'Algérie des années 30, Le Bord de l'Eau, 2019.

Auteur de la notice
Hubert Bost (sur des notes de Denis Pelletier)
Mise à jour
 le 23 octobre 2019 - 09:30